Sécheresse vaginale, brûlures intimes, envies pressantes d’uriner, cystites qui reviennent, rapports devenus inconfortables… Et si ces petits tracas, parfois très envahissants, avaient un point commun ? À l’approche de la ménopause, la baisse des œstrogènes peut modifier les tissus de la vulve, du vagin et des voies urinaires. Ce phénomène porte un nom un peu intimidant : le syndrome génito-urinaire de la ménopause (SGUM). Bonne nouvelle : il existe des solutions pour retrouver du confort, y compris dans sa vie intime.

Le syndrome génito-urinaire de la ménopause, c’est quoi exactement ?
On parle beaucoup des bouffées de chaleur et des nuits agitées. Beaucoup moins de ce qui se passe sous la ceinture ! Pourtant, les œstrogènes jouent aussi un rôle dans la souplesse, l’hydratation et la bonne santé des tissus vulvaires, vaginaux et urinaires. Quand leur taux diminue, ces tissus peuvent devenir plus fins, plus secs, plus fragiles et moins élastiques.
Le SGUM regroupe les manifestations vulvovaginales, sexuelles et urinaires liées à ces changements hormonaux. Il peut commencer autour de la ménopause et persister après celle-ci. Contrairement à certaines bouffées de chaleur qui finissent par s’atténuer, les symptômes génito-urinaires ne disparaissent pas nécessairement spontanément.
Dans un communiqué publié à l’occasion de la Journée mondiale de la ménopause du 18 octobre 2026, la marque INTIMINA et la Dre Susanna Unsworth attirent l’attention sur ce sujet encore trop peu abordé. Le communiqué avance un chiffre pouvant atteindre 84 % de femmes concernées après la ménopause. Ce pourcentage ne doit toutefois pas être présenté comme une prévalence universelle : les estimations varient fortement selon les études, les populations et les symptômes retenus.
Sécheresse, brûlures, cystites : les symptômes qui doivent mettre la puce à l’oreille
Le SGUM ne se manifeste pas de la même manière chez toutes les femmes. Certaines ressentent surtout une sécheresse ou des irritations. D’autres remarquent des changements pendant les rapports ou du côté de la vessie.
- Au niveau de la vulve et du vagin : sécheresse, picotements, sensations de brûlure, irritation ou fragilité des muqueuses.
- Pendant les rapports : lubrification moins abondante, frottements désagréables, douleurs à la pénétration et parfois appréhension du prochain rapport.
- Du côté urinaire : envies fréquentes ou urgentes d’uriner, gêne urinaire et infections urinaires à répétition.
Une baisse de désir peut accompagner ces difficultés, notamment lorsque les rapports sont devenus douloureux. Mais la libido dépend aussi de nombreux facteurs : fatigue, sommeil, relation de couple, stress, médicaments ou santé générale. Tout ne se résume pas aux hormones.
Pourquoi la ménopause peut-elle favoriser les cystites ?
La baisse des œstrogènes modifie notamment les muqueuses et l’environnement vaginal, ce qui peut favoriser les infections urinaires chez certaines femmes. Les brûlures en urinant, les envies pressantes et les récidives méritent donc une attention particulière.
Attention toutefois : une sensation de brûlure n’est pas forcément une cystite, et toutes les cystites ne sont pas causées par la ménopause. Une infection urinaire, une mycose, une irritation, une infection sexuellement transmissible ou une autre affection peuvent provoquer des symptômes ressemblants. En cas de signes urinaires nouveaux ou persistants, il faut consulter pour identifier la cause et décider si un examen d’urines est nécessaire. Une fièvre, une douleur dans le dos ou sur le côté, ou une altération de l’état général justifient une consultation rapide.
Et dans la vie sexuelle, qu’est-ce que ça change ?
Quand la lubrification naturelle diminue, la pénétration peut devenir inconfortable, même avec un partenaire que l’on désire. Il arrive alors qu’on anticipe la douleur, qu’on évite certains gestes ou qu’on ait moins envie de faire l’amour. Rien d’étonnant : difficile de se laisser aller au plaisir lorsqu’on redoute les frottements.
Mais une sexualité épanouissante ne se mesure pas à la pénétration. Caresses, massages, stimulation externe, jeux sensuels, rythme plus lent : on peut explorer d’autres façons de se faire du bien, sans forcer ni supporter la douleur. Et si l’on souhaite retrouver des rapports pénétratifs confortables, des soins adaptés peuvent aider.
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Peut-on avoir ces symptômes avant la ménopause ?
Oui. Des manifestations peuvent apparaître pendant la périménopause, alors que les cycles menstruels sont encore présents. D’autres situations de baisse des œstrogènes, comme l’allaitement ou certains traitements médicaux, peuvent également provoquer des symptômes similaires. Cela ne signifie pas automatiquement qu’il s’agit d’un SGUM : le diagnostic doit tenir compte du contexte et écarter d’autres causes.
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Quelles solutions pour soulager le syndrome génito-urinaire ?
Hydratants vaginaux et lubrifiants : deux usages différents
Les hydratants vaginaux sont destinés à un usage régulier pour améliorer le confort des muqueuses. Certains produits à base d’acide hyaluronique peuvent être utiles.
Les lubrifiants, eux, diminuent les frottements au moment des rapports ou des jeux intimes. On peut avoir besoin des deux : ils ne remplissent pas exactement la même fonction.
Privilégiez des produits adaptés à la zone intime, sans parfum irritant. Pour la peau externe de la vulve, un soin émollient simple peut parfois aider, mais un produit destiné à la peau n’est pas nécessairement adapté à l’intérieur du vagin. Avec un préservatif en latex, évitez les corps gras, susceptibles de le fragiliser.
Les œstrogènes locaux : une option à discuter avec un professionnel
Lorsque les symptômes persistent ou sont marqués, un professionnel de santé peut proposer un traitement vaginal local à base d’œstrogènes. Il agit directement sur les tissus concernés et peut améliorer la sécheresse, les douleurs et certains symptômes urinaires, notamment les infections urinaires récidivantes chez les femmes ménopausées.
Ces traitements ne sont pas équivalents à un traitement hormonal général de la ménopause : leur exposition systémique est généralement faible aux doses prescrites. Leur indication dépend néanmoins des antécédents et de la situation médicale. En cas d’antécédent de cancer du sein, une prise en charge non hormonale est privilégiée d’abord, puis toute éventuelle option hormonale doit être discutée avec les équipes soignantes concernées.
Et les autres traitements ?
Un traitement hormonal de la ménopause peut être indiqué pour d’autres symptômes, sans toujours suffire à soulager le SGUM. La prastérone vaginale constitue une autre option médicamenteuse dans certaines situations. En revanche, les traitements par laser vaginal ne sont pas recommandés en pratique courante faute de preuves suffisantes sur leur efficacité et leur sécurité à long terme. Le choix se fait au cas par cas avec un professionnel de santé.
Quand faut-il consulter ?
Pas besoin d’attendre que la gêne devienne insupportable. Parlez-en à votre médecin, votre gynécologue ou votre sage-femme si les irritations se répètent, si les rapports sont douloureux ou si les troubles urinaires reviennent. Des saignements après la ménopause, des douleurs importantes ou des symptômes inhabituels nécessitent également un avis médical.
Et si vous ne savez pas comment aborder le sujet, une phrase suffit : « Depuis quelque temps, j’ai des brûlures ou une sécheresse intime, et je me demande si cela pourrait être lié aux changements hormonaux. » Votre confort mérite d’être pris au sérieux.
À retenir
- Le syndrome génito-urinaire de la ménopause peut associer sécheresse vulvovaginale, douleurs pendant les rapports et troubles urinaires.
- Il peut débuter dès la périménopause et ne disparaît pas toujours spontanément.
- Hydratants, lubrifiants et, selon les situations, traitements locaux prescrits peuvent améliorer le confort.
- Les brûlures et cystites supposées ne doivent pas être automatiquement attribuées aux hormones : un diagnostic reste important.
Sources et pour aller plus loin
- INTIMINA, communiqué de presse, octobre 2026, « Le tabou persistant autour de la ménopause » (document transmis à la rédaction).
- Assurance maladie : Ménopause, quelles répercussions sur la santé ?
- Assurance maladie : Périménopause et ménopause, mode de vie et traitement
- CNGOF et GEMVi : recommandations sur le syndrome génito-urinaire de la ménopause
- Haute Autorité de santé : réévaluation des traitements hormonaux de la ménopause, 2025
Ce contenu est informatif et ne remplace pas une consultation médicale.
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